Une rencontre avec les kettlebells

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Le monde du sport est souvent une affaire de passionnés. Les rencontres initiées pour partager notre démarche permettent parfois des échanges intéressants.

Rencontre avec le spécialiste des kettlebells
en France

J’ai eu l’occasion de faire découvrir mon travail à Stéphane Dauvergne (ou Stéphane Dogman), l’un des pionniers des kettlebells en France.
Ayant grandement apprécié sa première séance Miha Bodytec avec moi, nous avons continué à échanger.

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OKEN et Miha Bodytec ont été partenaires des premiers championnats du monde de Girevoy Sport (pratique des kettlebells en compétition) en 2014.

Nous avons d’ailleurs présenté lors de la cérémonie d’ouverture, une démonstration intéressante sur le couplage d’une séance kettlebells / Miha Bodytec, avec Franck Chevé, athlète représentant la France, qui nous a fait le plaisir de se prêter à cette expérience inédite.

Découverte de ce sport

Découvrant cette discipline que je ne connaissais que de très loin, je m’en suis fait une idée beaucoup plus précise et très différente de ce que j’imaginais. 

Stéphane m’a ensuite fait partager à son tour sa discipline et j’y ai vu des similitudes et une complémentarité avec mon approche. Cela peut paraître surprenant, développant moi-même une approche plutôt High Tech et New School en opposition avec la pratique des kettlebells très Old School.

En fait au départ très traditionnel dans ma démarche sportive de part ma pratique du Karaté, je m’attache surtout à des critères d’efficacité, de santé et de bien être. Les pratiques quelles qu’elles soient ne sont jamais qu’un moyen.

De la découverte à la pratique

Les kettlebells m’ont séduit par leurs similitudes avec ma propre approche :

  • Un travail global,
  • adaptable à tous,
  • alliant la simplicité, l’efficacité et la rapidité des résultats.

Je suis donc tout naturellement devenu instructeur kettlebells sous la férule de Stéphane. Je propose aujourd’hui la pratique de cet outil traditionnel en complémentarité de séances Miha Bodytec ; mais également de manière classique.

L’un des intérêts majeurs est que chaque personne ayant reçu une formation aux mouvements de base, peut s’équiper et travailler régulièrement et facilement. Les séances peuvent êtres courtes (à partir de 10 mn) mais néanmoins efficaces en étant pratiquées régulièrement et/ou en complémentarité d’une autre discipline. Simplicité de rigueur, il est simplement nécessaire d’avoir une kettlebell et de disposer de deux mètres carrés de superficie !

Apprentissage plus poussé

Par ailleurs issu des sports de combat, je suis également sensible au concept créé par Stéphane Dauvergne et Dominique Paris (préparateur physique de boxeurs de haut niveau), le Knockout Conditioning. C’est une méthode de conditionnement physique et de développement du punch pour les pratiquants de sports de combat. Et elle repose sur un ensemble d’exercices avec les kettlebells.

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Historique des kettlebells

Le girevoy sport

Le girevoy sport est le sport de la girya. Il est plus communément appelé kettlebell (terme anglais). La kettlebell est le nom de l’objet utilisé dans ce sport. Comme vu plus haut en photo, c’est un corps massif, souvent en fonte, composé d’une poignée qui a la forme d’un arc fermé.
Le sens de “girya” que nous connaissons aujourd’hui, est :

  • Mentionné dans les dictionnaires russes, depuis 1704
  • « Emprunté » du perse (Gera = poids, peser, difficile).

Ce sport surprenant donne des sensations qui feraient penser à un croisement entre haltérophilie et arts martiaux.
Une girya peut avoir masse de 16 kg, 24 kg ou 32 kg. On doit ces poids à une unité de mesure : le « pood » en anglais. Nous savons qu’un « pood » est égal à 16,38 kg. Cette unité de mesure a principalement été utilisée dans les pays de l’Est ; tels que la Russie, la Biélorussie et l’Ukraine.

Les origines de son utilisation

La girya a d’abord été utilisée en Grèce antique pour le développement des muscles et des démonstrations de force olympique. Cette fonction a perduré durant tout le Moyen Âge.

De 1870 à 1880, le docteur V. Kraïevsky de Saint-Pétersbourg a rassemblé toutes sortes d’informations sur la culture physique. Durant ses voyages à travers l’Europe, il en a appris beaucoup sur le développement du sport. Son principal objectif tendait à améliorer le bien-être ainsi que la santé à travers une culture physique. Il a donc fini par introduire des exercices avec kettlebells et haltères. Il sera le premier à ouvrir un centre de formation en 1885.
Dix ans après, un autre médecin nommé EFGarnich-Garnitsky, suit l’exemple de Kraïevsky. Il ouvre, à son tour, un club d’athlétisme en Ukraine, à Kiev. Les membres de son club sont principalement des gymnastes et des lutteurs.

L’expansion

Durant l’époque soviétique, le sport Girevoy se propage rapidement dans les usines, les zones rurales, l’armée, la marine et même chez les étudiants. Une anecdote raconte que la kettlebell viendrait de l’armée soviétique. Et cet outil ne serait qu’un boulet de canon auquel on aurait soudé une poignée.

En 1948, la première compétition de girevoy est organisée. Et elle a été suivie par, le nombre impressionnant, de 200.000 personnes ! Depuis, les kettlebells sont passées d’outils utiles pour le conditionnement physique en général à un véritable sport. Les besoins spécifiques de ce sport conduiront ensuite à la kettlebell moderne que nous connaissons aujourd’hui. Elle fera son apparition dans les années 60.

La kettlebell d’aujourd’hui

L’histoire moderne du girevoy sport commence en 1962 avec l’unification des règles. En 1974, il est officiellement déclaré comme sport ethnique de la Russie.

L’impulsion majeure pour le développement de la girya moderne a eu lieu en 1985. Effectivement, des règles officielles ont été adoptée à travers l’Ukraine et l’Union soviétique. Elles ont consisté à modifier légèrement les exercices tout en divisant les athlètes en 5 catégories de poids :

  • 60 kg
  • 70 kg
  • 80 kg
  • 90 kg
  • plus de 90 kg.

Depuis 1986, l’Ukraine accueille régulièrement des championnats URSS nommés “Spartachiada Narodov URSS”. Ils rassemblent différents jeux de sports et sports olympiques.

Avec la chute de l’Union soviétique en 1992, est née la “Fédération internationale de Girya sport “. Aujourd’hui, elle réunit 30 pays à travers le monde. Cette fédération permet de transmettre la tradition sportive de la Girya et permet également l’adaptation des règles pour le développement de la discipline. Dès l’année suivante, en 1993, a eu lieu le premier championnat du monde de kettlebell.
Il est important de noter que cette tradition sportive de la Girya est une partie fondamentale du patrimoine culturel de l’Ukraine.


Apprenez-en encore plus en consultant le site de Stéphane Dauvergne : dogman-kettlebell.fr

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